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November 23 L'abolition et les travailleurs engagés...Dans l'élan de la Révolution, l'esclavage fut aboli par un décret de la Convention du 16 pluviose an II (4 février 1794).
Mal préparée, l'émancipation dégénéra en émeute à Saint Domingue ce qui poussa les autres colonies à rendre impossible l'application du decret d'abolition. Cette liberté, tant attendue par des dizaines de milliers d'hommes et de femmes de couleurs, était reporté d'un demi-siècle .
Malgrès le rétablilssement de l'esclavage par Bonaparte en 1802, le message révolutionnaire fut entendue car les conditions de vie des esclaves dans les colonies s'améliorait sensiblement et les affranchissements se mutliplièrent.
Après la Restauration, la pression des abolitionnistes se renforça et les gouvernements successifs concédèrent une restriction de la traite en 1811 puis la suppression définitive de celle-ci en 1830.
Les pires horreurs datent malheureusement de cette époque : les négriers entassent leur cargaison humaine dans des navires rapides mais étroits, où les esclaves souffrent terriblement.
Dans les îles, les hommes politiques font un dernier barrage contre l'inéluctable, avec deux arguments "de poids" : le droit des colons à être rembourser et la garantie de la sécurité des colons.
Les révolutionnaires de 1848 restent alors inflexibles, Victor Shoelcher en tête, et signent l'abolition le 27 avril. Le commissaire de la République, Joseph Napoléon Sébastien Sarda, dit Sarda-Garriga, débarque sur l'île avec le décret d'abolition. Fin diplomate, permet habilement une émancipation dans le calme. Il convainc les hommes de couleurs de signer des contrats de travail chez leurs anciens maîtres. La continuité du labeur est donc assurée. Le 20 décembre 1848 restera à jamais dans l'histoire comme la date où Sarda Garriga proclame dans un discours enflamé l'abolition à tous les habitants de l'île.
L'impulsion donnée par la Compagnie des Indes - produire à bas prix des cultures d'exportation - est trop ancrée alors pour qu'un autre modèle économique puisse être choisi. Les colons décident alors de chercher partout ailleurs des travailleurs sous contrat. Les anciennes sources sont privilégiées. Il y aura ainsi des "engagés" du Mozambique et de Madagascar jusqu'au XXème siècle. Ll'engagisme ressemblant en beaucoup trop de point à l'esclavage, les abolitionnistes s'opposent à la continuité de ces engagements et oblige les colons à se rabattre sur l'Inde, la Chine et mêmes quelques aborigènes d'Australie.
Ces nouveaux engagés, "importés" dans des conditions à peine meilleure que les esclaves, étaient cependant des hommes libre, surtout du point de vue religieux. Leurs pratiques intriguèrent fort les insulaires, qui ne connaissaient de religion que le christianisme. L'apport tamoul allait considérablement changer la société réunionnaise.
Quand la cupidité détruit l'humanité...L'Esclavage est vieux comme le monde et l'Afrique en a souvent été le réservoir.
Au XVIIème siècle, l'Europe, et notamment la France, va donner une ampleur gigantesque à ce trafic séculaire en se justifiant derrières des règles morales bien particulières : En allant chercher des esclaves pour les colonies d'Orient ou d'Amérique, on sauve des "âmes", on "arrache des malheureux à la misère". C'est oublier qu'on en fait des animaux, propriétés de leurs maîtres au même titre qu'un boeuf ou une chaise, et qu'ils ne rentreront jamais chez eux.
La volonté politique de l'époque est tout simplement de maximiser les revenus des colonies en y faisant pousser des denrées à forte rentabilité (café, épices, cannes à sucre) au lieu de les laisser se développer lentement avec des volontaires venus d'Europe. D'où ce crime contre l'humanité : la capture et le travail forcé de centaines de milliers d'hommes et de femmes, au moins 150 000 pour la seule île Bourbon.
Les statuts de la Compagnie des Indes interdisent en principe l'esclavage mais le vice-roi des Indes, Jacob Blanquet de la Haye, arrivé sur l'île en 1671, interdit dès 1674 les mariages d'européens avec des hommes ou femmes de couleurs. En 1679, un acte stipule de la première vente d'esclaves à Bourbon.
Le mouvement s'amplifiera fortement au début du XIXème siècle, avec l'essor du café, des épices puis de la canne à sucre. En 1723, le Code Noir régit les droits des maîtres sur l'île.
En 1750, il y a déjà 5 esclaves pour un libre, et cette proportion est infiniment plus forte sur les grandes "caféteries". Les esclaves de Bourbon sont pris en Afrique de l'Est, à partir des comptoirs arabes ou portugais de Mozambique ou de Kilwa (Tanzanie), ou à Madagascar où ce sont les chefs côtiers qui les capturent et les vendent. S'y ajoutent parfois quelques esclaves de Guinée achetés par un navire venant d'Europe.
Soigneusement choisis, souvent marqués avant le départ, parfois d'ailleurs répété à l'arrivée avec la marque de l'acheteur, les esclaves sont en majorité des jeunes hommes : les propriétaires veulent de la main-d'oeuvre immédiatement rentable.
Faute de témoignages objectif, il est difficile de savoir si ces esclaves étaient bien ou mal traités à l'île Bourbon. Un esclave valait autant que plusieurs chevaux, ce qui dissuadait souvent les propriétaires terriens à "abîmer une marchandise".
Force essentielle de travail sur les propriétés, les esclaves sont en général correctement nourris. Ils n'ont par contre aucun droit : ni celui de se promener sans autorisation, ni d'épouser qui ils veulent, ni de posséder quoi que ce soit. Toute forme de désobéissance est sévèrement punie. On relève peu de vraies révoltes à Bourbon mais de nombreux esclaves s'enfuient dans les montagnes où ils deviennent "marrons" c'est à dire fugitifs.
Le "nettoyage" des Hauts de l'île et des cirques, assuré par des chasseurs, prendra en de nombreuses occasions l'allure d'une cruelle et sanguinaire guerilla.
L'Europe des Lumières ne s'indignait que mollement d'un esclavage qui avait longtemps été présenté comme "naturel" et quasiment protecteur vis-à-vis de populations qu'on disait arrachés à la misère et au polythéisme.
De plus, les groupes de pression constitués par les riches colons et l'aristocratie du sucre, pesaient lourd dans l'économie.
November 20 Les doux fruits d'une orchidée...Dans la grande famille des épices, la vanille tient une place un peu à part.
La beauté de ses gousses, longues, noires et effilées, son arôme délicat et la complexité de sa culture en ont fait une plante mystérieuse et fascinante que les hommes s’évertuent à faire pousser en dépit des aléas climatiques. Originaire du Mexique, la vanille est déjà utilisée depuis plus de deux siècles par les Aztèques lorsque les conquistadors espagnols en apprécient pour la première fois ses arômes. Appelée « Tlilxochilt », elle est alors utilisée pour parfumer le cacao, étrange breuvage composé de miel, de farine de maïs et de piment réservé aux dignitaires du pays. On raconte que l’empereur Moctezuma signa son arrêt de mort lorsqu’il en offrit un bol à Cortés, le chef des conquistadors.
Devise de la Compagnie Françaises des Indes Orientales "Je fleurirai partout où je serai portée", la vanille débarque donc en juin 1819 à la Réunion. L’idée est alors de diversifier les ressources de l'île.
Si la culture de la plante nécessite juste un tuteur autour duquel la liane puisse s’enrouler, la production de la vanille est totalement dépendante de la fécondation des fleurs. En 1841, Edmond Albius, esclave de son état, découvre une technique d'insémination artificielle. A l’aide d’une épine en bois, il déchire la membrane qui séparait étamines et stigmate, organes reproducteurs de la fleur, et les rapproche. La fécondation est réalisée.
Après fécondation, une gousse verte se forme et atteint sa taille adulte en 6 semaines, mais on ne la récolte qu'au bout de 8 mois. Echaudée puis etuvée, la vanille prend alors sa couleur marron. Après une phase de séchage, elle est enfermée pendant 8 mois dans des caisses étanches, où une lente alchimie va lui donner son arôme. Elle sera alors prête à être condionné et commercialisé.
Après la découverte d'Edmond Albius, la vanille va alors devenir en quelques années l'or noir de la Réunion (production record de 200 t en 1898) avant d'être implantée dans tout l'Océan Indien. La concurrence allait vite faire retomber les cours. Mais la vanille de l'île, considéré comme la "meilleure du monde", se maintient avec 20 à 30 tonnes exportées chaque année.
November 11 Un oasis de vieCe qui frappe le plongeur sous-marin à la lumière de sa lampe, c'est tout d'abord la multitude de couleurs, l'abondance et la variété des espèces qui cohabitent au sein du récif corralien. Celui-ci procure à ses habitants une multiplicité de niches écologiques très variées, à l'intérieur desquelles chaque espèce s'est adaptée au cours de son évolution.
Le récif corralien est particulièrement riche en cachettes de toutes sortes : les interstices entre les branches de corail, les fentes entre les blocs de coraux morts, les trous des éponges ou les piquants d'oursins présentent autant de possibilités de se réfugier que de se rendre invisible.
Les organismes du récif ont ainsi développée des liens et des relations complexes entre eux et leur environnement. Leur répartition sur le récif sera donc fonction non seulement des conditions physiques du milieu, comme la lumière, la salinité ou l'agitation de l'eau, mais aussi de la nourriture disponible.
La faune fixée (éponges, gorgones, alcyonnaires ou "coraux mous" et autres invertébrés) n'aura pas les mêmes exigences que les petits invertébrés et les poissons qui vivent librement sur le récif.
Etoiles de mer, nudibranches multicolores, coquillages bariolés sont autant de joyaux discrets qui s'offrent au regard du plongeur.
Plus voyants sont les poissons qui ont parfois développé de très hauts niveaux de spécialisation, au point de n'exister que dans ce milieu : poissons-demoiselles, chirurgiens, balistes sont des poissons typiques des récifs corralliens.
Pour se nourrir, les organismes sédentaires utilisent des techniques très perfectionnées et variées pour se nourrir. Certains animaux engluent leur nourriture tandis que d'autres, tels les anémones de mer, envoient des flèches empoisonnées qui paralysent leurs proies.
Cependant, la filtration est sans doute le mode d'alimentation le plus répandu chez les animaux sédentaires de l'écosystème corralien. Cela suppose une abondance de particules organiques en suspension ainsi que de petits organismes du plancton, bases de la chaîne alimentaire dans le milieu marin.
November 04 Un espace protégé à protéger...Volcan émergé de l'océan il y a moins de trois millions d'années, l'île de la Réunion possède un relief escarpé qui se prolonge sous la mer, parfois abruptement.
Les caractéristiques géographiques, climatiques et océanographiques de l'île influencent la répartition des formations récifales, la diversité morphologique, la richesse qualitative et quantitative des organismes bioconstructeurs. Ces derniers exigent une eau claire, bien éclairée, riche en oxygène dissous et en sels de calciums. La température de l'eau doit toujours être supérieure à 18°C.
Développées sur la côte Ouest, les formations récifales forment une ceinture discontinue longue de 25 km, alors que la circonférence de l'île est de 210 km. Leur superficie (12 km²) est faible au regard de la superfice des récifs corraliens de l'île Maurice (600km²). Cela s'explique par l'âge de cette dernière (8 millions d'années contre 4 millions pour la Réunion) qui lui permet d'avoir du coup un plateau sous-marin plus plat et plus large.
La côte Est de l'île, elle, est une région pluvieuse, avec des rivières fonctionnant toute l'année. Les eaux côtières y subissent de grandes variations de salinité et sont chargées de matières en suspension, empêchant la fixation des coreaux.
Au delà de l'intérêt scientifique et écologique qu'ils représentent, les récifs corraliens jouent un rôle majeur dans le développement socio-économique et culturelle de l'île. La pêche côtière est une source de revenus pour un grand nombre de foyer. Le récif occupe un place de plus en plus importante dans le tourisme par son intérêt esthétique et les activités sous-marines qu'il autorise. Enfin, il offre aux côtes une protection naturelle, un rempart contre la violence des vagues notamment pendant les cyclones.
October 31 Deux danses pour deux humeurs...A l’époque de l’esclavage, le Séga et le Maloya étaient pour les esclaves des moyens d'expression de leur joie, de leur souffrance. Ce furent aussi le véhicule de la réminiscence d'un rythme enfoui dans leur mémoire, par lesquelles ils manifestaient également l'espoir d'une liberté connue par eux ou transmise par les leurs.
Ces expressions rythmées et chantées étaient aussi un cri de ras le bol de l'oppression qui envahissait leur quotidien.
Les protagonistes y mimaient les jeux de l'amour, parfois fort lascive. C'était là "déhanchements du peuple" auxquels la "bonne société" ne saurait s'associer. Les classes aisées alignaient dans leurs salons les pas sages du menuet ou du quadrille.
Après l'abolition de l'esclavage et la disparition de certaines frontières qui lui étaient associées, des auteurs et compositeurs de "bonne famille" n'hésitèrent pas à taquiner leurs guitares, équivalent bourgeois du bobre africain, pour écrire à leur tour des ségas endiablés. Du coup, la danse de la rue a rejoint celles des salons. Le séga s'est assagi et, n'osant plus mimer l'amour comme des "malapris", les couples se contentaient d'onduler, unis comme au tango, dans un rythme qui tout de même reste trépidant.
C'est peut être là, à ce moment, que le maloya, lancinant, s'est détaché de son cousin devenu trop policé...
Les deux danses différent : l'une à deux temps, l'autre à trois, le séga se veut gai, le maloya, "blues" créole, chante souvent la misère. Deux danses pour deux humeurs...
Lorsque Vulcain se réveille paisiblement au soleil...L'Ile de la Réunion s'est constituée de deux volcans successifs : le vieux massif, qui culmine au Piton des Neiges (3069m) et le massif de la Fournaise. L'ensemble du massif volcanique réunionnais, si on le mesure depuis le fond de la mer, est un des plus importants de la planète avec 7000 mètres d'altitude et 120 kilomètres de diamètres.
Le plus ancien a émergé il y a 3 millions d'années mais n'a cessé son activité qu'il y a 20 000 ans. Le vieux massif du Piton des Neiges s'est plusieurs fois effondré sur lui même et ses fissures et caldeiras, chemins privilégiées des grandes pluies tropicales, se sont creusées en vallées et en cirques.
Le second volcan est âgé de 500 000 ans et est toujours en activité. C'est le Piton de la Fournaise. C'est le volcan le plus actif du monde derrière le Kilauea à Hawaï. Il entre en en éruption en moyenne tous les quatorze mois. Depuis 1979, l'Institut de Physique du Glope de Paris y a installé une antenne une équipe de scientifiques de haut niveau qui surveille à chaque instant les éventuels soubressauts de la montagne de feu. Le Piton de la Fournaise est ainsi l'un des volcans les plus surveillés et étudiés au monde.
Le volcanisme qui caractérise l'île de la Réunion appartient au type effusif ou hawaiien : une montagne très paisible, comparée à ses lointaines voisines de la ceinture géologique indonésienne, redoutables machines explosives de nuées ardentes. Le jeune Piton de la Fournaise se contente de spectaculaires fontaines de lave...
Les volcans de type hawaiien comme la Fournaise ont une particularité précieuse. Les coulées de laves sont effusives. Elles portent le joli nom hawaiien de lave "pahoehoe" (ça se prononce païoyeïoye) : des coulées très fluides, à faible teneur en gaz.
Quand une éruption se prépare, la chambre magmatique, situé à moins d'un kilomètre sous le sommet, est agitée de micro-séismes qui peuvent être détéctés en surface et, surtout, celle-ci se gonfle et se bombe. Des appareils mesurent ces changements d'aspects (quelques millimètres par kilomètre). Les scientifiques de l'Observatoire Volcanologique de la Réunion en déduisent une certaine prévision des éruptions. Même imprécise, elle reste largement préférable à celle des volcans à laves épaisses, qui explosent sans prévenir.
Les chemins de lave ne convergent pas tous au sommet de la montagne, qui s'est créée par éruptions successives. Au contraire, celle-ci jaillit fréquemment à mi-pente. Il arrive même qu'elle apparaissent à plus de 10 kilomètres du piton central, près de la mer ou hors de l'Enclos.
A mesure qu'elle approche de l'air libre, la lave se dégaze, comme une boisson décapsulée, et accélère sa progression. Elle jaillira alors par une fissure qui va vite se border de monticules de débris. Et c'est ainsi que les projections volcaniques vont en quelques heures former un cône. Les coulées descendent naturellement vers la mer, qu'elles atteignent parfois.
October 27 Les réunionnais, d'où viennent-ils ?Trois siècles et demi d'histoire ont transformé l'île déserte en un pays piqueté de maisons et sillonné de routes. Les Réunionnais, venus pas toujours de plein grès de quatres continents, sont un des peuples les plus métissés de la planète :
- L'Europe, avec une très forte majorité de français. - L'Afrique, avec des origines géographiques variées comme le Sénégal, la Gambie, le Mozambique, Madagascar ou l'archipel des Comores.
- L'Inde, avec des indo-musulmans de la région de Surat et de Bombay, des indo-portugais de Goa, et des indous originaires de la Côte de Coromandel.
- L'Asie, principalement de la Chine cantonaise et de Hong-Kong.
Demandez à un réunionnais comment il se définit et il dira souvent "Créole".
Etre créole, c'est être comme la langue ou la musique créoles : une pincée d'Europe, la chaleur de l'Afrique, des épices de l'Asie, le charme de l'Inde. C'est être parfois blanc (mais sans se sentir blanc tout à fait), parfois noir (mais pas tant que celà) et bien souvent être d'un lait un peu teinté de café, ou vice et versa.
C'est être français mais différent de ceux de l'hexagone, souvent mal compris d'eux et en souffrant. Un identité toute en nuance et pleine d'attrait...
October 25 Histoire de la genèse d'une île de l'océan indien...Il y a 60 millions d'années, de nouvelles fractures de l'écorce terrestre modifient le dessin du futur océan indien.
L'Antarctique s'ancre au pôle sud. L'Inde se sépare de Madagascar et vient percuter, il y a 10 millions d'années l'Eurasie, cinq milles kilomètres au nord. Ce choc donne naissance à la chaîne de l'Hymalaya.
Il y a 8 millions d'années, l'île Maurice, lentement élaboré par 4000 mètres de fond, apparaît à 1000 km à l'est de Madagascar. Il y a 3 millions d'années, l'île de la Réunion apparaissait à son tour au dessus du niveau de la mer, date de l'apparition de l'espèce humaine sur notre planète.
Petit point d'histoire et de géographie...Les français prennent possession de l'île en 1638 et l'apellent l'île Bourbon.
La colonisation de l'île commencent avec une vingtaine de personnes en 1665.
En 1717, la Compagnie des Indes engage une mise en valeur fondée sur une culture d'exportation, le café, et une main d'oeuvre importée, les esclaves. En 1794, l'île Bourbon devient l'île de la Réunion.
Le 20 décembre 1848, l'esclavage est aboli sous la direction de Sarda Garriga, Commissaire de la République. 62 000 esclaves deviennent "égaux" des 35 000 libres de l'île. La population est alors de 97 000 habitants.
Au lendemain de l'abolition, l'île connaît une brêve période de richesse économique. En 1865, commence la crise du sucre et la pauvreté s'installe. La population est victime des épidémies. La mortalité infantile est alors très importante, et pour la première fois, la population stagne pendant plus de 50 ans.
Pendant la seconde guerre mondiale, l'île est longtemps soumise au blocus et elle en sort exsangue. Elle devient un département français d'outre-mer le 14 mars 1946. En 1954, le premier recensement de type moderne fait état de 274 000 habitants. En 1961, la mise en service de la première centrale électrique de l'île lance le début d'une ère nouvelle. En 1986, les lois de defiscalisations sont promulguées et sont à l'origine d'une très forte croissance économique de l'île.
Au 1er janvier 2003, la population de l'île atteint 753 600 habitants. Et les prévisions démographiques estime qu'elle atteindra le million à l'horizon de 2030.
L'île de la Réunion fait partie, avec l'île Maurice et l'île Rodrigues de l'archipel des Mascareignes. Situé dans la partie Sud-Ouest de l'Océan Indien, légèrement au nord du Tropique du Capricorne, elle se trouve par 55°30' de longitude Est et 21° de latitude Sud. C'est une île volcanique et montagneuse constituée de deux massifs accolés : Le Piton de la Fournaise, volcan actif de 2631 mètres et le Piton des neiges qui culmine à 3069 mètres. Ce massif se trouve au centre et domine trois cirques aux parois abruptes : Salazie au nord-est, Mafate au nord-ouest et Cilaos au Sud. Ses côtes sont difficiles d'accès et appellent plus au repli qu'à l'ouverture vers l'océan. Sa topographie est est hachée par des remparts et de grandes rivières, la plus longue est la Rivière du Mât, soit 35 km.
Orientée dans la direction nord-ouest/sud-est, sur une longeur maximale de 70 km, la superficie de l'île est de 2500 km² pour une surface utile de 100 000 hectares, soit 40% de la surface totale. La longeur des côtes est de 207 km avec 40 km de plages et 25km protégées par des récifs coralliens. La densité moyenne sur les zones habitables est de 486 habitants/km². Ces réalités géographiques influent sur les manières de pratiquer l'espace, sur les modes de vies, et les comportements.
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